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Le 8 janvier 1932 au matin, dans la salle Louis Liard de l’Université de la Sorbonne, à Paris, une jeune étudiante soutient sa thèse devant un jury académique et une salle remplie de public. C’est un évènement exceptionnel. D’une part, le pourcentage de femmes inscrites à l’Université de Paris dans les années trente ne représente que 28% du total d’étudiants. Et, d’autre part, cette étudiante est sourde. Suzanne Lavaud a obtenu la plus haute qualification pour son travail, qui a été publié la même année et a reçu un prix de l’Académie française.
Le sujet de sa thèse est déjà en lui-même la revendication et la visibilité de cette double réalité. Suzanne Lavaud a décidé d’étudier la vie et l’œuvre de Marie Lenéru (1875-1918), écrivaine née à Brest, en Bretagne, qui est devenue sourde et malvoyante à onze ans, à la suite d’une maladie. Dramaturge de succès, les pièces de Marie Lenéru ont été représentées à Paris, au Théâtre de l’Odéon ou à la Comédie-Française, entre autres. Parmi ses écrits, Lenéru a consacré un texte à Helen Keller (1880-1968), écrivaine et activiste nord-américaine, devenue sourde et aveugle dans sa petite enfance, et dont l’autobiographie, Histoire de ma vie, publiée en 1903, a été traduite dans de nombreuses langues et adaptée au théâtre, au cinéma et à la télévision.
Voici un bel exemple d’un fil solidaire et fier tissé par des femmes à travers le XIXe et le XXe siècles, et qui continue à nous inspirer au XXIe siècle.